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 Quel destin pour un Shinobi ?

Nanadaïme Hokage
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MessageSujet: Quel destin pour un Shinobi ?   Jeu 16 Aoû - 3:25
On m'a souvent demandé au cours de ma carrière ce que je pensais de mon parcours dans ma vie ou encore, qu'est-ce que c'est vraiment, être un Ninja. La deuxième question, je me souviens parfaitement du jour où on me l'a posée, c'était une journée d'été où l'ancien Hokage - Yozo - m'avait demandé de travailler à l'académie pour remplacer Iruka, l'instructeur à la tête de dauphin - je suis vraiment trop méchant haha - bref, j'ai fait un cours sur le Ninjutsu, rien d'anormal jusque là, tout s'est plus ou moins bien passé malgré les petits problèmes de discipline avec les gamins. La journée touchait à sa fin au moment où je rangeais un peu le bureau, il ne restait plus qu'un seul enfant dans la classe, il disait que sa mère devait venir le chercher. J'ai dû attendre un peu avec lui, rien de bien méchant...Une dizaine de minutes, c'est tout. De toute manière, personne ne m'attend jamais chez moi alors j'ai le temps. Quand sa mère est arrivée, j'ai voulu partir mais elle m'a retenu en me posant cette question, elle voulait savoir si un Shinobi a un avenir puis qu'est-ce qu'était réellement un Ninja.

Sur le coup je dois avouer que je ne savais pas trop quoi lui répondre, je n'avais aucune notion de ce que pouvait être un vrai Shinobi. Les parents de ce garçons venaient d'emménager il y a peu, aucun des deux n'exerçait la profession de Ninja mais avaient décidé d'inscrire leur progéniture à l'académie quand même. Je n'avais que seize ans et ma définition de la vie était très...sombre, je ne broyais que du noir jour après jour et me complaisais dans cette minable existence. J'hésitais à clamer le fond de ma pensée à cette mère mais bizarrement, je ne trouvais pas la force de lui dire que son fils était voué à devenir un morceau de viande qui crèvera comme un chien galeux sur le champ de bataille comme tous ses pairs. Pourtant c'était bien ce que je pensais moi, des Shinobis mais il fallait que je trouve un moyen d'adoucir ma réponse. Je n'y suis pas arrivé, j'ai donc craché le morceau en la choquant au plus au point, elle a saisi la main de son fils et l'a tiré hors de la salle, nous n'avons plus jamais revu cette femme ni son gosse. A l'époque, je n'avais pas idée des conséquences que mes paroles pouvaient engendrer, je pensais que rien ne pourrait changer le monde puisque je n'avais foi en rien, ni en moi, ni en Madara, ni en Konoha.

Aujourd'hui, même si ma vision des choses a globalement changé, je ne peux dire que mon avis sur l'avenir des Ninjas est différent. La guerre que le temps nous a apporté a empiré les choses et la haine est plus forte que jamais, les tensions sont à leur apogée et j'ai du mal à me convaincre moi-même que ça changera un jour, je peine à comprendre ces philosophes qui ont confiance en les hommes, eux qui s'autodétruisent sans le moindre remord pour satisfaire les besoins barbares des dirigeants. Après m'être gratté la tête, je m'autorise tout de même à sortir de mon appartement, mettant un terme à mes réflexions. Il faut bien que je mette de nez dehors de temps en temps après tout pour faire les courses ou prendre l'air si on ne me donne pas de mission. Je bâille en sortant de mon lit à onze heures tapantes, je m'habille négligemment et pousse la porte, descend les escaliers pour enfin rejoindre l'avenue du commerce.

Dehors, je vois encore des gens de tout âge se balader avec insouciance, des enfants pour la plupart mais également des personnes âgées que la guerre a épargné, ils ont bien de la chance. Mon coeur balance, j'hésite à partir m'entraîner ou à continuer de vagabonder comme actuellement, je me sens bien au milieu de cette rue, jamais auparavant je n'avais remarqué la beauté des lieux, peut-être étais-je trop centré sur les évènements marquant ma vie. Je décide finalement de prendre une journée de repos comme pas deux, cela fait quelques temps que j'ai renoué avec les habitants de ce village, j'apprends peu à peu à leur faire confiance et j'aimerais profiter au maximum de ces moments de détente pour mieux les connaître.

Je connais un bar assez sympathique dans le coin, on y croise souvent des Ninjas qui viennent prendre une pause entre deux missions, j'y allais aussi autrefois mais je m'isolais, il était rare de me voir avec quelqu'un à ma table si ce n'était pour lui soutirer des informations dans le but de les transmettre à mon ancien mentor. Les mains dans les poches, j'entre dans la taverne où je retrouve quelques connaissances qui me saluent, je prends place à leurs côtés et commande un verre de limonade. Tandis que je sirote, j'écoute attentivement la conversation sans pour autant essayer de m'incruster jusqu'à ce qu'un des Jônin me donne une grande claque dans le dos, je manque de recracher tout ce que j'ai dans la bouche :

« Héhé Kanashimi, pourquoi est-ce que tu ne viendrais pas ce soir prendre un verre ? Notre équipe organise un pique-nique près du lac afin d'oublier un peu tous les malheurs du quotidien, normalement on ne devait être que dix mais je pense que Katori-chan ne te refusera pas si tu lui montre tes muscles haha.
- Pourquoi pas, ça pourrait être sympa après tout. Je dois ramener quelque chose de particulier ?
- Hum, eh bien une bouteille de Saké en plus ne serait pas de refus, j'ai essayé de négocier avec le barman mais il refuse de m'en donner plus de quinze.
- Ne t'inquiète pas, je ramènerai ce qu'il te faut.
- T'es un bon gars toi ! Dire que tous les Ninjas de rang supérieur disaient que tu étais un péteux qui se croit mieux que les autres.
»

- Huit heures plus tard -

Je n'étais jamais allé à une fête de ce genre mais après tout pourquoi pas, il y a un début à tout dans la vie. Bref, j'ai finalement réussi à mettre la main sur deux bouteilles de Saké, c'est Katsu qui va être content, direction le lac. Je ne me suis pas habillé spécialement pour l'occasion, je me suis contenté d'enfiler une simple chemise ainsi qu'un jean bleu, mes habits civil que je préfère. A l'approche du lac, j'entends des rires...Je suppose que c'est vers le bruit que je dois me diriger, j'emprunte donc le bon chemin et me retrouve effectivement nez à nez avec la fameuse Katori dont m'avait parlé le Jônin ce matin-même. Je me présente rapidement même si elle dit qu'elle me connait déjà, je me montre beaucoup plus courtois depuis quelques temps. La fête bat son plein après quelques heures de graille et surtout de boisson, c'est la première fois que je suis en compagnie de personnes ayant à peu près mon âge pour procéder à ce genre d'activité, la plupart des invités sont déjà saouls vers vingt-trois heures, je jette un oeil à la consommation générale, il ne reste plus qu'une bouteille de Saké pleine.

De mon côté, je n'ai bu qu'une demi-bouteille et je suis parfaitement sobre. Par chance, je tiens bien l'alcool et ne dit pas n'importe quoi comme le jeune Hotaru - le frère cadet de Katsu, seize ans - qui drague comme il peut Katori depuis plus d'une heure, elle aussi a pris un joli teint rosé depuis qu'elle enchaîne les goulées d'alcool. Je souris malgré mon indifférence à la situation, j'ignore quel mal les frappe pour qu'ils aient autant besoin de boire ce soir mais je ne dis rien, aujourd'hui je me sens un peu comme leur protecteur, du haut de mes dix-huit ans j'ai l'impression de porter le fardeau de leur tristesse le temps d'une nuit, être la seule personne sobre ce soir me fait prendre conscience que je ne suis pas le seul à éprouver des regrets dans ce monde, je secoue alors la tête. Non c'est faux, pour une fois je ne porte aucun poids sur les épaules, si je suis ici c'est grâce aux récents liens que j'ai tissé rien d'autre. Je me lève et marche jusqu'au lac où j'y plonge mes pieds avant de m'allonger sur la rive, les yeux tournés vers le ciel étoilé.

Tant ces corps célestes me fascinent, je ne vois pas le temps passer et j'oublie que je suis connecté à ce monde, pour une fois je ne suis pas exclu d'une communauté mais je m'éloigne par choix, pour regarder le firmament et faire un point sur ma vie actuellement. Je ne suis pas exactement un humain mais plus totalement le monstre que j'ai été lorsque j'étais au service de Madara, je ne sais pas pourquoi mais ça me fait presque plaisir. Une brise légère passe à travers mes cheveux ébènes alors que Katori vient s'asseoir à mes côtés en vacillant, une bouteille à la main. Elle rit sans aucune raison valable et me demande avec difficulté ce que je suis venu faire ici alors que je ne connais presque personne. Je jette un regard furtif derrière moi, une majeure partie des fêtards s'est endormie, il ne reste plus que nous deux et Hotaru qui se bat contre son estomac rejetant le trop plein d'alcool. Je pousse un soupir avant de lui répondre sans la regarder en face.

« Je ne sais pas, on m'a proposé de venir et je n'avais encore jamais assisté à une fête comme ça alors ... Je voulais voir comment c'était c'est tout.
- Tu n'as pas d'amis ?
»

C'est la question que je redoutais, je ne sais pas vraiment quoi répondre à ça...Des amis, je ne sais même pas ce que c'est. Oh bien sûr j'ai eu des gens importants dans ma vie mais l'époque où un lien m'unissais à Atewashi semble si lointaine...

« Autrefois j'avais un ami mais...Il est mort. Depuis je n'ai plus connu de personne semblable, je ne sais même pas comment j'ai pu vivre sans lui.
- Tu ne serais pas amoureux de lui par hasard haha ? Ne me regarde pas comme ça, je plaisante. Tu sais, moi j'ai perdu mon frère sur le champ de bataille l'année dernière, j'ai aussi été triste mais maintenant...Je vais de l'avant ! Les habitants de Konoha forment une grande famille alors ça m'aide à me sentir moins seule.
»

Que répondre à ça ? Je n'avais jamais envisagé la possibilité que des personnes non liées par le sang pouvaient se considérer comme une véritable famille. Je pose ma main droite sur son épaule en signe de compassion tandis qu'elle reprend une gorgée de Saké. A cet instant là je fronce les sourcils et lui enlève la bouteille des mains pour la poser de l'autre côté de moi, elle me regarde dans les yeux, seul le clair de lune et les étoiles illuminent notre visage...Le feu derrière nous s'est éteint.

« Tu es vraiment un garçon bizarre hihi...Tu es la seule personne plus jeune que moi qui a osé m'enlever la bouteille des mains depuis la mort de mon petit frère.
- Humpf, tu n'as pas besoin de ça c'est tout...L'alcool ruine la santé et les gens.
- C'est vrai tu n'as pas tort...Au fait, tu penses toi aussi qu'un Shinobi doit obligatoirement mourir sur le champ de bataille ? Tu ressembles à mon frère alors j'aimerais savoir...
- Je ne sais pas...Peut-être, nous sommes des armes pour notre village alors il est presque logique que les plus faibles tombent pendant la guerre.
»

Au milieu de ce paysage digne d'un conte de fée, Katsu par s'endormir sur mon épaule après plus d'une heure de dialogue et débat, je ne nierai pas que j'ai commencé à l'apprécier ce soir malgré son état d'ébriété, c'est une personne au caractère entier qui ne manque pas de cran mais en même temps, elle semble tellement fragile. Son frère, son incertitude et ses doutes sur son avenir font d'elle une fille peu ordinaire qui songe au monde plutôt qu'à l'amour. Sa dernière question m'a marqué pour la seconde fois dans la vie, avant de s'abandonner dans les bras de Morphée elle m'a demandé ce qu'était un véritable Shinobi au fond. Je pose ma main sur ses doux cheveux et la place délicatement sur la rive, je m'apprête à partir quand je trouve enfin une réponse complètement mais également ouverte. Les mains dans les poches, je lui souffle doucement :

« Les Shinobis sont des menteurs et des traîtres, ils ne sont pas des armes mais des humains agissant pour leur propre intérêt. Au fond chacun d'eux a un rêve et la plupart des Ninjas sont prêts à trahir leur village pour réaliser ce à quoi ils aspirent. J'ai menti, un véritable Shinobi ne doit pas mourir au combat, il doit perdre la vie alors qu'il touche son rêve du bout des doigts, une fin cruelle adaptée à l'individu qu'il est. »

Puis comme d'habitude je fuis dans l'ombre des arbres qui bordent le lac, laissant les autres personnes s'occuper du nettoyage. Je souris en rejoignant mon appartement, finalement je tire de bonnes conclusions de cette expérience qu'a été cette fête, je devrais peut-être m'y inviter plus souvent.
 

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